24 juillet 2007

Parlons de choses qui fâchent (certains)

D'abord il y a eu ça :

PARIS (AFP) - La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a lancé lundi à Saint-Ouen-l'Aumône (Val-d'Oise) une campagne d'expérimentation de tests salivaires de dépistage de drogues au volant qui devraient être généralisés en 2008 s'ils sont concluants.

lundi 18 juin 2007 16:55

L'objectif du gouvernement est de généraliser les dépistages de drogues au volant en remplaçant dès le début 2008 les tests urinaires qui nécessitent un camion de police et la présence d'un médecin par un dispositif plus léger qui permet de contrôler un conducteur en quelques minutes.
Cet été, policiers et gendarmes vont donc expérimenter dans toute la France les trois types de tests, qui ressemblent à des petites languettes en plastique sur lesquelles on dépose un échantillon de salive, avant de lancer un appel d'offre en septembre s'ils sont concluants.
Au bord d'une route menant à Saint-Ouen-l'Aumône, la ministre a assisté au déroulement d'un test salivaire, dispositif qui sera expérimenté sur des automobilistes volontaires préalablement confondus par le test urinaire.
Devant la ministre, un policier a déposé un peu de sa salive sur la languette d'un des trois tests censés détecter une consommation de cannabis, de cocaïne, d'amphétamines, d'ecstasy ou d'opiacés. Il a ensuite mélangé cet échantillon à un produit chimique. Trois minutes après, le test se révèle négatif.
Tout comme le test urinaire, le test salivaire, s'il s'avère positif, donnera lieu à une deuxième analyse, sanguine, qui sera envoyée à un laboratoire pour confirmation.
En lançant cette campagne d'expérimentation, la ministre souhaite "attirer l'attention des automobilistes sur le risque que fait courir la consommation" de drogue et "montrer que la police se modernise pour répondre aux nouveaux types de risques", a-t-elle dit.
"La consommation de drogue et d'alcool au volant doivent être considérés au même titre comme un danger pour l'ensemble de la population", a-t-elle ajouté. Selon elle, 560 décès sur les routes en 2006 ont eu pour origine des "conducteurs sous l'emprise de stupéfiants ou de médicaments".
En 2006, sur les 21.000 tests urinaires effectués sur des automobilistes impliqués dans un accident ou dont le comportement paraissait trouble, 10.000 se sont révélés positifs.
A la tête de la mission interministérielle chargée de mener la campagne d'expérimentation, le commissaire Olivier Fohanno a précisé que la France serait le premier pays au monde à déployer un tel dépistage au niveau national si les tests sont concluants.
Il a expliqué par ailleurs qu'il était beaucoup plus "compliqué de détecter de la drogue que de l'alcool chez un automobiliste".
La campagne d'expérimentation sera menée cet été dans dix villes par la police (Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Strasbourg, Rennes, Montpellier, Lille, Nice) et dans trois régions par la gendarmerie (Pays-de-la-Loire, Centre, Lorraine).
Chacun de leur côté, les gendarmes et les policiers souhaitent tester une centaine de fois chacun des trois tests salivaires sur des automobilistes contrôlés positif au test urinaire pour vérifier s'ils obtiennent le même résultat.

© 2007 AFP



Puis, il y a eu ça :

Cannabis : l'efficacité du test salivaire mise en doute
LE MONDE | 23.06.07 | 14h14  •  Mis à jour le 23.06.07 | 14h14


Au volant, la peur du gendarme doit dissuader les amateurs de joints et pas seulement les buveurs d'alcool. Au nom de ce principe, Michèle Alliot-Marie, la ministre de l'intérieur, a lancé, lundi 18 juin, une vaste campagne d'expérimentation de dépistage des drogues consommées par les conducteurs, par le biais de tests salivaires. Une technique beaucoup plus simple à mettre en oeuvre au bord de la route que les analyses d'urine et les prélèvements sanguins.
Pourtant, si ce type d'analyse de salive est connu pour être relativement fiable pour la cocaïne, les amphétamines, l'ecstasy et les opiacés, elle l'est beaucoup moins pour le cannabis. Or cette drogue est la plus consommée et elle contribue ainsi largement à la surmortalité routière. En 2005, au moins 230 personnes ont été tuées dans des accidents mettant en cause des conducteurs ayant consommé des stupéfiants.
Le programme européen Rosita (pour Roadside Testing Assessment) a déjà procédé à des études sur des tests salivaires, soumis à l'expérimentation dans dix villes et trois régions cet été. Or, constate le professeur Alain Verstraete, de l'université de Gand, en Belgique, ces tests "ne sont globalement pas fiables, puisque seulement 46 % d'entre eux sont capables de détecter le THC (la substance active du cannabis) présent dans les urines et dans le sang".
Responsable du programme Rosita, M. Verstraete met en avant deux raisons. D'une part, il est difficile de mesurer les faibles doses de THC présentes dans l'organisme ; d'autre part, les méthodes de prélèvement nécessiteraient une formation spécifique des forces de l'ordre chargées de l'opération. Selon lui, "il faut gratter les cavités de la bouche pendant une quinzaine de secondes".
Le risque de voir les consommateurs de cannabis peu inquiétés par cette nouvelle forme de contrôle n'échappe pas au docteur Patrick Mura, président de la Société française de toxicologie analytique. "Ils peuvent décider de prendre ce risque en connaissant le manque de fiabilité des tests salivaires", redoute-t-il.
Comme la France, beaucoup d'autres pays, en particulier les Etats-Unis, souhaiteraient aller plus vite dans la mise au point d'un test fiable de dépistage du cannabis. "Pour l'instant, aucune étude sérieuse et aucune publication scientifique ne vont dans ce sens, constate le docteur Mura. Mais l'enjeu de santé et de sécurité publiques est tel que des progrès sont attendus avec impatience, même s'il a fallu plusieurs années pour détecter les autres drogues."

C. de C.
Article paru dans l'édition du 24.06.07.


Alors moi, curieuse comme je suis, je suis allée voir dans  la littérature médicale, et, en gros, ça dit ça (c'est un peu long, mais en même temps, vous n'êtes pas obligés de tout lire...) :

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