02 septembre 2006
Lot
Hier matin, dans l'émission Cha cha tchatche (France Inter), une petite fille de 12 ans (oui ben moi quand j'avais 12 ans, les filles de 12 ans étaient des petites filles, pas des ados en puissance), mal voyante était interviewée. Elle a raconté sa vie de pré-ado et j'ai eu l'impression de m'entendre.
<< T'as déjà un petit copain ?
Non. Non, j'ai pas.
T'es amoureuse de quelqu'un ?
Non. Non parce que... d'abord c'est les vacances d'été... bon... je suis pas amoureuse...
Parce que toi l'été tu fais une pose ?
Non, mais j'ai jamais... heu... j'ai jamais vraiment, sauf quand j'avais 5 ans, évidemment, comme tout le monde, été amoureuse de quelqu'un. Mais de toutes manières, je me dis parfois "qui est-ce qui pourrait s'intéresser à moi ?", quoi.
Ils te trouvent pas jolie, les garçons ?
J'en sais rien. Je cherche pas à savoir. Ca se fait pas d'aller demander. Je suis un peu timide sur ce plan-là, alors que normalement, je le suis pas trop.
Voilà, par exemple, je connais une fille dans ma classe, elle a TOUS les garçons après elle, quoi. Ils sont TOUS sortis avec elle aumoins UNE fois. Et un jour, je l'ai entendu discuter avec un des copains, et le sujet c'était "ha ouais, mais j't'aime plus, fous moi la paix". Et je dis "mais, comment je peux être complètement en dehors de ça ? Comment je peux être, comme ils appellent, une paumée ?" Je suis complètement en dehors de la société (rire). Mais bon, j'ai des copines qui sont aussi considérées comme des paumées, parce que... parce que notre seul soucis, c'est pas les amours et on n'est pas tout le temps en train de se préoccuper de son apparence... tout ça. Donc je trouve qu'on a bien fait. On a gagné au change, quand-même. On est... enfin, mes copines sont des filles hyper spéciales.
Hyper spéciales ? C'est-à-dire ?
Ben... très différentes des autres et je pense comme moi, un peu. Elles ont pas de handicap particulier, mais elles sont... elles sont différentes des autres. Elles sont pas forcément acceptées, mais entre nous, on est 4, et vraiment on s'adore toutes les 4. On est hyper liées, et je pense pas que, avoir cette sortie avec un garçon, ça changerait quelquechose. Enfin, que ça m'apporterait quelquechose en plus. Alors bien-sûr, parfois on a envie. On se dit "pourquoi les autres en ont et pas moi ?", mais ça viendra. Je sais que j'ai le temps. >>
Sauf que, moi c'est un discours que j'aurais tenu à 15 ans plutôt qu'à 12 ans, rapport aux petits copains (bon, c'était y plus de 15 ans, aussi, hein) et que j'avais du mal à trouver 4 personnes avec qui m'entendre. Ça allait rarement au-delà de 2.
Ha, et j'avais pas plus d'amoureux à 5 ans qu'à 15, ni... à 20, d'ailleurs.
Bref, on a l'impression de sortir du lot, et puis, avec le temps, on trouve d'autre gens qui sortent du lot, et on se construit un lot de gens hors du lot. Alors on se dit "mince, peut-être que je ne sors plus du lot", et puis, finalement, on s'en fout parce qu'on a 30 balais (ou plus, hein, c'est pas restrictif) et qu'on ne ressemble pas aux gens à qui on n'a pas envie de ressembler. C'est peut-être ça, réussir sa vie.
Ptin, je fais dans le philisophique à deux balles. J'ai pas fait exprès, ça m'est sorti comme ça. Promis.
14:15 Publié dans Môa, Radio et un peu télé | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : enfance
















