24 juillet 2007
Parlons de choses qui fâchent (certains)
D'abord il y a eu ça :
PARIS (AFP) - La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a lancé lundi à Saint-Ouen-l'Aumône (Val-d'Oise) une campagne d'expérimentation de tests salivaires de dépistage de drogues au volant qui devraient être généralisés en 2008 s'ils sont concluants.
lundi 18 juin 2007 16:55
L'objectif du gouvernement est de généraliser les dépistages de drogues au volant en remplaçant dès le début 2008 les tests urinaires qui nécessitent un camion de police et la présence d'un médecin par un dispositif plus léger qui permet de contrôler un conducteur en quelques minutes.
Cet été, policiers et gendarmes vont donc expérimenter dans toute la France les trois types de tests, qui ressemblent à des petites languettes en plastique sur lesquelles on dépose un échantillon de salive, avant de lancer un appel d'offre en septembre s'ils sont concluants.
Au bord d'une route menant à Saint-Ouen-l'Aumône, la ministre a assisté au déroulement d'un test salivaire, dispositif qui sera expérimenté sur des automobilistes volontaires préalablement confondus par le test urinaire.
Devant la ministre, un policier a déposé un peu de sa salive sur la languette d'un des trois tests censés détecter une consommation de cannabis, de cocaïne, d'amphétamines, d'ecstasy ou d'opiacés. Il a ensuite mélangé cet échantillon à un produit chimique. Trois minutes après, le test se révèle négatif.
Tout comme le test urinaire, le test salivaire, s'il s'avère positif, donnera lieu à une deuxième analyse, sanguine, qui sera envoyée à un laboratoire pour confirmation.
En lançant cette campagne d'expérimentation, la ministre souhaite "attirer l'attention des automobilistes sur le risque que fait courir la consommation" de drogue et "montrer que la police se modernise pour répondre aux nouveaux types de risques", a-t-elle dit.
"La consommation de drogue et d'alcool au volant doivent être considérés au même titre comme un danger pour l'ensemble de la population", a-t-elle ajouté. Selon elle, 560 décès sur les routes en 2006 ont eu pour origine des "conducteurs sous l'emprise de stupéfiants ou de médicaments".
En 2006, sur les 21.000 tests urinaires effectués sur des automobilistes impliqués dans un accident ou dont le comportement paraissait trouble, 10.000 se sont révélés positifs.
A la tête de la mission interministérielle chargée de mener la campagne d'expérimentation, le commissaire Olivier Fohanno a précisé que la France serait le premier pays au monde à déployer un tel dépistage au niveau national si les tests sont concluants.
Il a expliqué par ailleurs qu'il était beaucoup plus "compliqué de détecter de la drogue que de l'alcool chez un automobiliste".
La campagne d'expérimentation sera menée cet été dans dix villes par la police (Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Strasbourg, Rennes, Montpellier, Lille, Nice) et dans trois régions par la gendarmerie (Pays-de-la-Loire, Centre, Lorraine).
Chacun de leur côté, les gendarmes et les policiers souhaitent tester une centaine de fois chacun des trois tests salivaires sur des automobilistes contrôlés positif au test urinaire pour vérifier s'ils obtiennent le même résultat.
© 2007 AFP
Puis, il y a eu ça :
Cannabis : l'efficacité du test salivaire mise en doute
LE MONDE | 23.06.07 | 14h14 • Mis à jour le 23.06.07 | 14h14
Au volant, la peur du gendarme doit dissuader les amateurs de joints et pas seulement les buveurs d'alcool. Au nom de ce principe, Michèle Alliot-Marie, la ministre de l'intérieur, a lancé, lundi 18 juin, une vaste campagne d'expérimentation de dépistage des drogues consommées par les conducteurs, par le biais de tests salivaires. Une technique beaucoup plus simple à mettre en oeuvre au bord de la route que les analyses d'urine et les prélèvements sanguins.
Pourtant, si ce type d'analyse de salive est connu pour être relativement fiable pour la cocaïne, les amphétamines, l'ecstasy et les opiacés, elle l'est beaucoup moins pour le cannabis. Or cette drogue est la plus consommée et elle contribue ainsi largement à la surmortalité routière. En 2005, au moins 230 personnes ont été tuées dans des accidents mettant en cause des conducteurs ayant consommé des stupéfiants.
Le programme européen Rosita (pour Roadside Testing Assessment) a déjà procédé à des études sur des tests salivaires, soumis à l'expérimentation dans dix villes et trois régions cet été. Or, constate le professeur Alain Verstraete, de l'université de Gand, en Belgique, ces tests "ne sont globalement pas fiables, puisque seulement 46 % d'entre eux sont capables de détecter le THC (la substance active du cannabis) présent dans les urines et dans le sang".
Responsable du programme Rosita, M. Verstraete met en avant deux raisons. D'une part, il est difficile de mesurer les faibles doses de THC présentes dans l'organisme ; d'autre part, les méthodes de prélèvement nécessiteraient une formation spécifique des forces de l'ordre chargées de l'opération. Selon lui, "il faut gratter les cavités de la bouche pendant une quinzaine de secondes".
Le risque de voir les consommateurs de cannabis peu inquiétés par cette nouvelle forme de contrôle n'échappe pas au docteur Patrick Mura, président de la Société française de toxicologie analytique. "Ils peuvent décider de prendre ce risque en connaissant le manque de fiabilité des tests salivaires", redoute-t-il.
Comme la France, beaucoup d'autres pays, en particulier les Etats-Unis, souhaiteraient aller plus vite dans la mise au point d'un test fiable de dépistage du cannabis. "Pour l'instant, aucune étude sérieuse et aucune publication scientifique ne vont dans ce sens, constate le docteur Mura. Mais l'enjeu de santé et de sécurité publiques est tel que des progrès sont attendus avec impatience, même s'il a fallu plusieurs années pour détecter les autres drogues."
C. de C.
Article paru dans l'édition du 24.06.07.
Alors moi, curieuse comme je suis, je suis allée voir dans la littérature médicale, et, en gros, ça dit ça (c'est un peu long, mais en même temps, vous n'êtes pas obligés de tout lire...) :
13:01 Publié dans Médical | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : THC, test salivaire
22 août 2006
PediSedate
La semaine dernière, CyrO m'a envoyé ce lien :
http://www.canardplus.com/news-18-08-2006.html#actu_2005
Le PediSedate :

J'ai farfouillé un peu le net pour en savoir plus.
14:10 Publié dans Les gamers sont nos amis, Médical | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : protoxyde, azote, N2O
23 avril 2006
Rassurez-vous, ça va pas passer
Je suis énervée, de mauvais poil et une phrase tourne dans ma tête en boucle "le jury a de la merde dans les oreilles".
Elle va nous soûler encore longtemps avec son concours ?
Oui. Parce que ça me soulage. Et puis le fait d'écrire à ce sujet m'aide à comprendre ce qui a péché.
Je suis consciente de ne pas avoir particulièrement brillé.
Mais le boulot que je fais à temps plein, payée pour un mi-temps, puis plus payée du tout, méritait plus de reconnaissance. Il répond parfaitement à la mission de l'hôpital public. Il rend un vrai service au point de vue santé publique. Mais je n'ai pas su le "vendre". Tout comme mon activité universitaire et le fait que ça me passionne. Je crois que je comprends en quoi je suis immature. En fait d'immaturité, il s'agit plutôt de naïveté. Je pensais que le simple fait d'ennoncer mes travaux suffirait. Qu'ils parlaient d'eux-même. Mais le jury ne sais pas ce que ce boulot représente, il ne connaît pas la question et, à vrai dire, je pense qu'il s'en tape.
Ils n'ont rien à faire de mon activité hospitalière non rémunérée pour laquelle des patients font souvent plus de 200km remboursés en bons de transports par la Sécu, avec 6 mois d'attente pour avoir un rdv et une liste d'attente interminable. Ils ne voient pas qu'en n'intégrant pas les gens dont l'activité répond à une réelle demande de santé publique, ils agrandissent le fameux trou de la Sécu. C'est pas grave. Je vais aller bosser un an en libéral, les patients de l'hôpital attendront, puisque c'est ce que le jury, de haut de sa grande expérience, a décidé.
Et puis les étudiants, hein, on s'en tape. Le fait que ma non intégration fout en l'air l'organisation de l'année 2006-2007, c'est pas le problème du jury. Le fait qu'on ne sait pas qui va faire le boulot qu'il était prévu que je reprenne à la rentrée, ou le fait qu'on décide de me le faire faire quand-même mais gratos, ça ne gêne personne.
Ben non, ce qu'ils veulent c'est de l'esbrouffe, des gens qui savent se vendre, peu importe ce qu'ils ont à proposer.
Bon, ben je le saurai pour la prochaine fois.
Ca se sent que je suis énervée, là ?
11:35 Publié dans Médical, Môa | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
11 avril 2006
De l'indépendance de la presse médicale internationale

Il s’agit d’un contraceptif progestatif post-coïtal, dont les mécanismes d’action sont les suivants :
- Modification du mucus cervical et du fluide utérin, ce qui participe à l'effet contraceptif en empêchant la migration des spermatozoïdes jusqu'aux trompes.
- Suppression de l'activité prolifératice de l'endomètre utérin, ce qui participe à l'effet contraceptif en empêchant la nidation.
- Inhibition partielle et aléatoire de l'ovulation observée dans moins de un cycle sur deux, ce qui ne peut donc rendre compte de l'effet contraceptif.
- Mais n’a pas d’effet abortif : ne pas confondre avec le RU-486.
Au Canada, le lévonorgestrel est commercialisé sous le nom de "Plan B". Depuis le mois d’avril 2005, il est en vente libre dans les pharmacies.
L’Association des Pharmaciens du Canada (APhC) a demandé à ses membres de collecter des informations par le biais d’un formulaire auprès des femmes qui achètent le Plan B. La raison donnée par l'APhC pour l’utilisation ce formulaire est de déterminer si ce médicament est bien indiqué pour la femme qui le demande, dans la mesure où il n’a pas fait l’objet d’une prescription médicale. Or, deux problèmes se posent : le formulaire demande le nom et les coordonnées de la personne et l'APhC demande aux pharmaciens de conserver ces informations.
Deux journalistes d’une très sérieuse revue médicale canadienne, le JAMC (Journal de l'Association des Médecins du Canada) qui appartient à l’Association des Médecins du Canada (AMC), ont mené une enquête en demandant à 13 femmes de se rendre dans des pharmacies et de demander du Plan B, afin d’observer le comportement des pharmaciens.
L'APhC a eu vent de l’enquête. Son directeur a demandé au pdg de l'AMC s’il était vrai que deux journalistes du JAMC menaient une enquête secrète sur le Plan B et si cette enquête était menée de manière éthique.
Le pdg de la AMC s’est renseigné auprès de l’éditeur du JAMC, fraîchement embauché, sans expérience dans le domaine de la littérature médicale.
L’éditeur a demandé au rédacteur en chef de ne pas publier l’article sur le Plan B sous prétexte que les auteurs n’ont pas demandé l’accord d’un comité d’éthique. Or il ne s’agit pas de recherche clinique, mais de journalisme, qui ne nécessite nullement l’accord d’un comité d’éthique.
Le rédacteur en chef a refusé de céder à la pression de l’éditeur, il a publié l’article en supprimant toutefois les témoignages des 13 femmes, le 6 décembre 2005.
Puis, dans le numéro suivant, il publia un éditorial dans lequel il expliquait ce qui c’était passé au sujet de l’article sur le Plan B.
Le rédacteur en chef fut licencié ainsi que son assistante le 20 février 2006, sous prétexte d'une volonté de « rafraîchir » la rédaction du journal.
A ce jour, 19 membres de la rédaction du JAMC ont démissionné.
Le plan B est décidément destiné à être censuré...
Sources :
The Globe and mail
Winckler's Webzine
UFR des Sciences et de la Vie de Jussieu
Association des Pharmaciens du Canada
20:05 Publié dans Médical | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
21 mars 2006
Allo Mulder ?
Cette semaine, un évènement inexpliqué va se produire. Une partie des internautes, atteinte d'un mal étrange, va disparaître temporairement de la toile.
Voici quelques indices récoltés çà et là sur ladite toile.

Il y a tout d'abord ce genre de sondage :
Et puis des bribes de texte du genre :
" Nous tenons bon. Tous ensemble, réunis dans ce même effort collectif de patience barbare, il est nécessaire de prendre puissamment la mesure de l'air libre, et d'emplir son âme de la liberté qui nous est encore accordée durant ces derniers instants. "
" Et, et, et ... pourquoi ça sort pas aujourd'hui, hein ? "
Réfléchissez, vous connaissez forcément une personne atteinte de ce mal dans votre entourage internautique. C'est simple, pour la reconnaître, voici certaines des caractéristiques les plus prégnantes de son comportement :
- Doté d'une config qui tchue, cette personne parle beaucoup de sa carte vidéo. D'ailleurs c'est elle qui vous a appris pourquoi c'est important une bonne carte vidéo.
- Depuis quelques temps, le mot "Oblivion" revient de manière récurrente dans ses conversations. Elle en dit des choses étranges, avec des mots et des expressions d'une langue qui ressemble vaguement à de l'anglais : "elderscrooooll", "bethesdaaaa", "take twoooooo", "goooold"... Elle parle aussi de se perdre dans une forêt.
- Depuis quelques jours, cette personne a du mal à parler d'autre chose. Et dans ces moments-là, ses pupilles sont dilatées, ses narines palpitent, ses artères temporales sont saillantes, des perles de sueur apparaissent sur son front. Si vous l'avez observé(e) attentivement, à la surface de sa cornée, vous avez pu voir ceci :

- Ladite personne vous envoie des mails ou des messages msn contenant ce genre de lien.
- Au téléphone, elle pousse des râles, halète et gémit : "mercrediiiiiiiii, il semblerait que ce soit pour mercrediiiiiiii" .
- Elle ne dort plus. Hier, elle a fait des courses alimentaires et un stock de clopes pour tenir un siège de plusieurs semaines.
- Depuis ce matin, ses yeux sont comme ça:

Un dernier point, elle vous a prévenu(e) que dans les jours prochains, à partir de demain (mercrediiiii) à priori et pour une durée qu'ielle ne connaît pas encore, elle sera quelque peu indisponible.
Alors, si vous connaissez quelqu'un dans ce cas, pas de panique, il s'agit d'un mal passager. Dans quelques... semaines ? mois ? cette personne sera redevenue tout à fait saine.
PS : Nous avons déjà observé des gens qui ne retrouvaient jamais leur personnalité d'origine, mais là n'est pas le propos.
"Oblivion, si vous ne savez pas encore ce que c'est, vous n'allez pas tarder à le savoir."
13:25 Publié dans CyrO, Les gamers sont nos amis, Médical | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
19 mars 2006
Bulletin médical
Ce matin, nous allons étudier le syndrome de Toubouché. Ca change de la grippe aviaire.
Encore que.
Il s'agit d'un syndrome d'origine virale qui atteint les voies aériennes supérieures (figure 1). Décrit pour la première fois en 1867, par le médecin moldave Petru Tubuăschii. Le nom du syndrome a été francisé en 1950 par l'Académie nationale de Médecine.

Figure 1.
On reconnaît le sujet contaminé au nasonnement de sa voix et à son comportement. Il se mouche frénétiquement dans tout ce qu'il trouve : mouchoirs en papier, draps, papier wc. Certains auteurs ont observé des sujets se moucher dans les rideaux, mais nous n'avons à ce jour pas pu vérifier cette information.
Une autre caractéristique des sujets atteints du syndrome de Toubouché est l'apathie, voir la somnolence, encore appelée "signe de la grosse fatigue". Le sujet peut toutefois se forcer à s'habiller et se rendre à la boulangerie en bas de chez lui pour la dévaliser, dans la mesure où la veille et l'avant-veille, il a vidé le maigre contenu de son frigo, car dans l'incapacité de mettre un pied dehors. Il ressent alors un sentiment de grande fierté.
On observe également l'installation d'une dépendance médicamenteuse à des molécules comme l'ibuprofène, l'aspirine ou le paracétamol.
Le sujet peut être amené à s'enduire les orifices nasaux avec de la crème hydratante pour les lèvres, afin de rendre plus supportable le mouchage. On parlera alors du "signe du nez gras".
Un point positif est à noter : la maladie a pour conséquence de réduire nettement la consommation de tabac du sujet. Le point négatif, c'est que l'atteinte des voies aériennes supérieures a des répercussions plus que négatives sur son humeur.
Le sujet est très contagieux et il en est conscient la pluspart du temps (sauf dans les cas de forte fièvre). Cela peut l'amener à se désociabiliser jusqu'à rémission complète. Certains auteurs (les mêmes) prétendent que le sujet en profite pour ne pas aller bosser alors qu'il se sent beaucoup mieux, mais, une fois encore, nous sommes dans l'incapacité de confirmer cette information.
Dans les cas les plus extrêmes, le sujet a le sentiment irrationnel qu'il va "mourir du nez". Quelquefois, il demande même qu'on l'achève. Nous déconseillons à l'entourage du sujet de répondre à cette requête.
En conclusion : la conduite à tenir face à une personne atteinte du syndrome de Toubouché : fuire.
Loin.
Longtemps.
11:35 Publié dans Médical | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
13 mars 2006
Maintenant que je suis calmée
Voici l'image que je voulais mettre pour illustrer ma note sur Rony Brauman. Mais comme je n'avais pas encore réinstallé mon scanner, je ne la publie que maintenant.
Il s'agit d'une bande dessinée parue dans Okapi, que j'ai lue, relue et re-relue, quand j'étais ado.

Médecins sans frontières : mission en Afrique.
Auteur : Guy Vidal, illustrateur : Jean-Pierre Gibrat.
Bayard Presse (Aventure d'Okapi), 1988.
00:00 Publié dans Les autres humains, Livres, Médical | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12 mars 2006
L'énervement du dimanche soir (ça faisait longtemps)
Quand l'idéologie exploite la science.
Rainman m'a fait part d'une émission de France Culture, diffusée vendredi dernier, qui parlait de neurosciences et de psychanalyse, dans laquelle un intervenant a mentionné un article paru dans Cerveau et Psycho (n°11 septembre 2005, "Cesse de te vanter, critique plutôt ton ennemi"), dans lequel il était dit que les gens qui ont voté non au traité sur la Constitution Européenne ont un cerveau qui fonctionne moins bien que les autres.
Of course, quand, j'ai entendu ça, j'ai bondi sur mon pc, j'ai cherché ladite émission de France Culture.
Voici le passage dont m'a parlé Rainman.
J'ai donc cherché l'article d'Acrimed en question (Acrimed est le site d'une association de critique des médias) et le texte de l'article de Cerveau et Psycho (C&P). Ce dernier a été écrit par Sébastien Bohler, titulaire d'un doctorat en neurobiologie, il officie également dans l'émission Arrêt sur Images de France 5.
Je voulais lire ce texte Bolher, mais je n'ai pas réussi à mettre la main dessus, même à la bibliothèque municipale.
Donc je me satisferais - et vous aussi - du texte d'Acrimed, sauf si je trouve C&P dans une bibliothèque de Pneuland.
D'après Acrimed, donc, l'article se base sur une étude qui dit en gros que lorsqu'on présente des candidats à choisir à un échantillon de personnes, ils choisiront le candidat présenté de la manière la plus critique au détriment de celui qui est présenté plus positivement.
De là, le Bolher avance que, pendant la campagne du référendum sur la Constitution Européenne :
les arguments contre l’Europe étaient forts car tournés vers un ennemi bien désigné. Alors que ceux qui étaient en faveur de l’Europe, certes positifs et enthousiastes, n’avaient pas d’épouvantail à détruire, tout juste une cause à défendre.
[...]
les électeurs opposants au traité étaient dans une logique de négation. Si on essayait de les convaincre de voter OUI, ils étaient d’emblée résistants à toute tentative de persuasion. Au contraire, les partisans du traité étaient plus accessibles à l’argumentation .
Démontrant par là que les partisans du non étaient des cerveaux bornés, incapables d'écouter les arguments rationnels du oui.
Il y a là deux faits que je qualifierais de graves.
Tout d'abord, Sébastien Bolher, qui se dit "journaliste scientifique", expose ses opinions politiques et les argumente en détournant les conclusions de travaux scientifiques, ce, dans une revue médicale.
Alors, Monsieur Bohler, de deux choses l'une, soit vous devez vous rendre à l'évidence que vous n'avez rien d'un journaliste scientifique, mais que vous êtes est simplement un scientifique qui utilise ses connaissances pour faire la promotion de ses convictions idéologiques; soit vous devez vous contenter de relater des faits scientifiques et non des opinions personnelles quand vous faites votre métier de journaliste.
Deuxième chose, la revue Cerveau & Psycho n'a pas à accepter de publier ce genre de papier. Il s'agit d'une revue de vulgarisation médicale, elle sort de son rôle en exposant les convictions de ses rédacteurs.
Ce n'est, bien évidemment, pas le seul cas qui s'est présenté, il a y eu une énorme campagne pour le oui réalisée par tous les types de médias, France Inter comprise. Et puis ça ne s'est pas produit qu'à l'occasion de la campagne du référendum sur la Constitution Européenne, il y a des tas d'autres exemples dans l'histoire.
Mais voilà, pataugeant moi-même dans le milieu de la recherche médicale et m'étant toujours intéressée à la neurologie, ce genre d'info fait un gros TILT dans ma boîte crânienne. Et je me rends compte que j'ai eu la naïveté de penser que les journalistes de formation scientifique ont plus d'éthique que les autres.
Troisième chose, mais ça, vous l'aurez deviné, j'en ai marre qu'on dise que les partisans du non ne disposaient d'aucun argument rationnel.
23:20 Publié dans Les autres humains, Médical, Radio et un peu télé, Y a du son | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
08 mars 2006
L’humanitaire
Je l’ai déjà dit, mais j’aime le répéter, quand j’étais petite, je voulais être sauveuse de l’humanité.
J’ai maquillé des « ptites oitures » en voitures Médecins Sans Frontières.
Je me voyais bossant jusqu’à épuisement dans des conditions au-delà du difficile (moi, bosser dans ces conditions…mouarf, oui, je vous l’accorde), mais dans la bonne humeur car avec la satisfaction de faire quelque chose de noble.
Noble, oui, c’est le mot.
J’ai longtemps été en admiration devant Bernard Kouchner. Jusqu’au jour où j’ai réalisé qu’il était plus un homme politique et médiatique qu’un médecin, et je m’en suis désintéressée.
Mais assez parlé de moi.
L’humanitaire.
Une personne en parle comme j’aime en entendre parler, c’est Rony Brauman (médecin, humanitaire depuis 30 ans, ancien président de Médecins Sans Frontières).
Je l’ai entendu sur France Inter cette semaine.
Il a parlé d’Adolf Eichmann, le responsable de la logistique de la déportation des Juifs, des Slovènes, les Tsiganes et des Polonais. Il s’enfuit en Argentine après la guerre. Il fut retrouvé par Simon Wiesenthal. Après un procès à Jérusalem, il fut pendu en 1962.
Rony Brauman fait le lien entre Eichmann et l’humanitaire.
Eichmann était un haut fonctionnaire de police, chargé d’une tâche par une autorité supérieure. Il était agent d’une administration complexe et réglait les questions bureaucratiques. D’après Hannah Arendt, citée par Rony Brauman, Eichmann a laissé l’autorité se substituer à sa propre responsabilité. Ses gestes quotidiens n’étaient qu’un consciencieusement travail de bureau, qu’il n’a effectué que pour faire carrière.
1985 : Famine en Ethiopie. Mobilisation de l’ordre de celle du tsunami de décembre 2004.
En réalité, le gouvernement éthiopien utilisait la logistique des secours pour déporter les gens. Il s‘agissait d’un régime stalinien qui envoyait la population des camps de travail dans le but de « créer l’homme nouveau ».
MSF a mis plus d’un an à réaliser qu’ils étaient acteurs malgré eux de cette politique.
Les humanitaires étaient les relais. Ils sont entrés dans une stratégie qu’ils ne soutenaient pas, mais l’ont fait fonctionner parce qu’ils ont accepté d’y participer par leur activité de secours. La répétition des gestes quotidiens leur avait évité de se poser la question du sens de leur action, explique Rony Brauman.
Le gouvernement éthiopien était le principal exécutant des crimes, mais si MSF acceptait d’en être le relais, MSF prenait sa part de responsabilité.
Les humanitaires se trouvaient pris en otage, craignant de se faire expulser s’ils parlaient. La situation des centres de secours se dégradait en raison des déplacements de population. Après des mois de vaines tentatives pour arranger les choses, MSF a dénoncé les déportations et a été expulsé d’Ethiopie en décembre 1985.
C’est bien la dernière des comparaisons à laquelle je m’attendais.
Rude leçon d’humilité que voilà.
Comparer la façon de travailler – son travail – des humanitaires (peut-on trouver plus noble travail dans l’imaginaire collectif ?) à celui d’un haut fonctionnaire nazi organisateur des déportations (là on est dans le pire du pire). C’est un peu comparer Mère Theresa et Pol Pot.
Et c’est peut-être là la différence entre Rony Brauman et Bernard Kouchner, l’humilité.
PS : J'ai oublié de préciser que Rony Brauman venait de sortir un bouquin.
18:15 Publié dans Les autres humains, Médical | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
23 février 2006
Piercing et Tatouage
Ca date de 2003. Rien n'a bougé depuis.
DÉBATS PARLEMENTAIRES
JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE DU MERCREDI 8 OCTOBRE 2003
COMPTE RENDU INTÉGRAL
3e séance du mardi 7 octobre 2003
« Après l'article 9, insérer l'article suivant :
« Après l'article L. 3114-6 du code de la santé publique, il est inséré un article L. 3114-7 ainsi rédigé :
« Art. L. 3114-7. - Toute personne qui subit une intervention entraînant des modifications corporelles non réglementées telles que le piercing, le tatouage, la scarification ou l'implant de corps étrangers se voit remettre au préalable par le professionnel prestataire de ce service une information écrite sur les conséquences et les risques de ces pratiques. Elle remet au professionnel prestataire de ce service une attestation écrite indiquant avoir pris connaissance de cette information. Le non-respect de l'obligation d'information est sanctionné selon des modalités définies par décret. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Jean-Michel Dubernard, président de la commission, rapporteur (Député UMP) : L'objet de cet amendement est de rendre obligatoire, pour les prestataires de piercing, tatouage, scarification, implantation de corps étranger ou autres modifications corporelles, la délivrance d'une information sanitaire préalable sur les conséquences et les risques de telles pratiques, qui font l'objet d'un engouement croissant de la part des jeunes depuis plusieurs années.
Le plan national des hépatites B et C a indiqué que plus de cent mille actes de ce types sont pratiqués chaque année par des « professionnels », dont la pratique est très hétérogène. Il s'agit en effet aussi bien de boutiques spécialisées qui essaient de respecter quelques règles d'hygiène, que de perceurs ou tatoueurs ambulants exerçant dans des conditions sanitaires déplorables, voire délirantes.
Or ces actes sont loin d'être anodins sur le plan sanitaire et les risques qui les entourent sont maintenant bien établis. Selon l'Assistance publique - hôpitaux de Paris, entre 10 % à 20 % des piercings se compliquent d'infections locales, mais des complications beaucoup plus graves peuvent être observées. La Commission européenne, dans une étude sur les risques et les effets sanitaires liés au tatouage et au piercing publiée au printemps dernier, a mis en évidence la possible transmission par ces pratiques d'infections virales - hépatites, HIV -, cutanées ou bactériennes comme le tétanos ou la tuberculose, de mycoses, de lésions malignes comme le mélanome ou le cancer. Deux décès ont même été déplorés depuis 2002.
Cette situation ne saurait échapper, selon Bernard Accoyer et moi-même, à une approche de santé publique et de sécurité sanitaire. Nous avons donc déposé cet amendement pour que l'information dont ne disposaient pas - ou peu - les usagers soit fournie par les « professionnels » en question.
M. le président : Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. le ministre de la santé, de la famille et des personnes handicapées (Jean-François Mattéi, Ministre de la canicule) : Je partage entièrement les préoccupations exprimées par les auteurs de l'amendement. Cependant, s'il est indispensable d'encadrer les pratiques telles que le perçage et le tatouage au regard des risques qu'elles peuvent présenter en termes de santé publique et de sécurité sanitaire, je me permets d'appeler votre attention sur la rédaction de leur amendement qui indique : « Toute personne qui subit une intervention entraînant des modifications corporelles... ». En effet, elle risque d'apporter, en donnant le sentiment de légitimer ces pratiques, une exception à l'article 16-3 du code civil relatif à l'intégrité du corps humain qui dispose : « Il ne peut être porté atteinte à l'intégrité du corps humain qu'en cas de nécessité médicale pour la personne ».
Dès lors qu'on légitimerait, par cet amendement, une modification corporelle, on risquerait d'ouvrir la porte, par exemple, à l'excision ou à d'autres interventions mutilantes. C'est pourquoi, tout en comprenant la nécessité d'encadrer ce genre de pratiques, le Gouvernement préfère utiliser la voie réglementaire plutôt que d'introduire une exception à ce principe fondateur de notre éthique, édicté par l'article 16-3 du code civil, sur le respect de l'intégrité du corps humain.
Ayant pris cet engagement, je serais reconnaissant au rapporteur, M. Dubernard, et à l'auteur de l'amendement, M. Accoyer, de le retirer afin de ne pas entraîner par ce biais une modification fondamentale de notre code civil.
M. le président : Monsieur Dubernard, souscrivez-vous à cette demande ?
M. Jean-Michel Dubernard, président de la commission, rapporteur : J'ai bien compris le sens de vos propos, monsieur le ministre et votre engagement a beaucoup de poids. Dans ces conditions, je retire l'amendement.
M. le président : L'amendement n° 36 est retiré.
Interessant, non ? (enfin pour ceux qui ont tout lu, hein)
Pour une fois que je suis d'accord avec un mec de l'UMP, ben non, faut qu'il remette sa bonne idée au placard pour une mauvaise raison.
Parce que, Monsieur Mattéi, ce n'est pas parce que vous allez établir un cadre légal autour d'une pratique consentie par la personne que vous allez l'inciter, ou inciter à faire "pire", c'est à dire dériver vers des pratiques non consenties.
Et je dirais même plus : bien au contraire. Si on diffusait les informations sur les conséquences connues des piercing et autres modifications corporelles, il est possible la connaissance de ces informations décourage les gens de le faire. C'est un peu comme écrire "fumer tue" sur les paquets de clopes, quoi (oui, j'ai bien dit "il est possible").
Mais il y a quelque chose de plus gênant dans ce texte.
En effet, au vu de ce compte rendu, une question se pose :
18:55 Publié dans Les autres humains, Médical | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
















