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11 avril 2006
De l'indépendance de la presse médicale internationale

Il s’agit d’un contraceptif progestatif post-coïtal, dont les mécanismes d’action sont les suivants :
- Modification du mucus cervical et du fluide utérin, ce qui participe à l'effet contraceptif en empêchant la migration des spermatozoïdes jusqu'aux trompes.
- Suppression de l'activité prolifératice de l'endomètre utérin, ce qui participe à l'effet contraceptif en empêchant la nidation.
- Inhibition partielle et aléatoire de l'ovulation observée dans moins de un cycle sur deux, ce qui ne peut donc rendre compte de l'effet contraceptif.
- Mais n’a pas d’effet abortif : ne pas confondre avec le RU-486.
Au Canada, le lévonorgestrel est commercialisé sous le nom de "Plan B". Depuis le mois d’avril 2005, il est en vente libre dans les pharmacies.
L’Association des Pharmaciens du Canada (APhC) a demandé à ses membres de collecter des informations par le biais d’un formulaire auprès des femmes qui achètent le Plan B. La raison donnée par l'APhC pour l’utilisation ce formulaire est de déterminer si ce médicament est bien indiqué pour la femme qui le demande, dans la mesure où il n’a pas fait l’objet d’une prescription médicale. Or, deux problèmes se posent : le formulaire demande le nom et les coordonnées de la personne et l'APhC demande aux pharmaciens de conserver ces informations.
Deux journalistes d’une très sérieuse revue médicale canadienne, le JAMC (Journal de l'Association des Médecins du Canada) qui appartient à l’Association des Médecins du Canada (AMC), ont mené une enquête en demandant à 13 femmes de se rendre dans des pharmacies et de demander du Plan B, afin d’observer le comportement des pharmaciens.
L'APhC a eu vent de l’enquête. Son directeur a demandé au pdg de l'AMC s’il était vrai que deux journalistes du JAMC menaient une enquête secrète sur le Plan B et si cette enquête était menée de manière éthique.
Le pdg de la AMC s’est renseigné auprès de l’éditeur du JAMC, fraîchement embauché, sans expérience dans le domaine de la littérature médicale.
L’éditeur a demandé au rédacteur en chef de ne pas publier l’article sur le Plan B sous prétexte que les auteurs n’ont pas demandé l’accord d’un comité d’éthique. Or il ne s’agit pas de recherche clinique, mais de journalisme, qui ne nécessite nullement l’accord d’un comité d’éthique.
Le rédacteur en chef a refusé de céder à la pression de l’éditeur, il a publié l’article en supprimant toutefois les témoignages des 13 femmes, le 6 décembre 2005.
Puis, dans le numéro suivant, il publia un éditorial dans lequel il expliquait ce qui c’était passé au sujet de l’article sur le Plan B.
Le rédacteur en chef fut licencié ainsi que son assistante le 20 février 2006, sous prétexte d'une volonté de « rafraîchir » la rédaction du journal.
A ce jour, 19 membres de la rédaction du JAMC ont démissionné.
Le plan B est décidément destiné à être censuré...
Sources :
The Globe and mail
Winckler's Webzine
UFR des Sciences et de la Vie de Jussieu
Association des Pharmaciens du Canada
20:05 Publié dans Médical | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Commentaires
Très interessant cet article!
Par contre il y a un truc que j'ai pas compris "puis refusée par le Conseil d’Etat (suite à un recours mené principalement par des associations anti-avortement) à la distribution d'urgence par les infirmières scolaires en 2000." Ca veux dire qu'a partir de 2000, les infirmières scolaire n'ont plus eu le droit d'en distribuée????
Ca me rapelle la dernière fois que j'ai demandé cette fameuse pillule, il y deux ans...une pharmacie catho à Rueil. La pharmatienne m'a regarder comme si je lui avais demandée de jouer mon avorteuse pour la soirée et m'a repondue sechement " On ne vend pas de ça ici, Mademoiselle!!!"
J'ai halluciné...D'ailleur je me demande toujours si c'est legal qu'une pharmacie refuse de commercialiser des pillules du lendemain...alors qu'elle peut être la seule ouverte de garde dans la ville...(?)
Ecrit par : Anisée | 11 avril 2006
je pense que les pharmaciens ont le droit de refuser de vendre des médicaments qui n'ont pas fait l'objet d'une prescription médicale.
et c'est clair qu'ily a confusion entre le NorLevo et le RU-486 chez beaucoup de gens. même... les pharmaciens !
sinon, oui, la pilule du lendemain a été autorisée puis interdite à la distribution dans les lycées la même année, c'est à dire en 2000.
le Conseil d'Etat n'a pas tardé à l'interdire, à la demande d'associations de cathos.
Ecrit par : Mariemarie | 12 avril 2006
Ca montre une fois de plus que résister est de plus en plus nécessaire autrement nous serons bintôt pieds et poings liés face aux lobbys de toute sortes (chrétiens conservateurs, anti avortement, pourfendeurs des droits de la presse etc...) C'est édifiant mais très intéressant à lire, merci pour ce chouette article !
Ecrit par : Jipes | 16 avril 2006
















