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05 mars 2006

Adaptation.

Vu le week-end que je viens de passer, je n'ai pas grand chose de drôle à raconter.
Alors je vais parler de ciné, ben oui, encore.
Cette fois, je vais parler d'un film qui m'a déçue. Mais comme le personnage principal m'a fait penser à moi-il-y-a-quelques-années, ben j'avais beaucoup envie d'en parler quand-même.
Et puis j'ai réfléchi 5 minutes, j'ai compris pourquoi j'ai été déçue.






Adaptation. de Spike Jonze.


Charlie Kaufman (Nicolas Cage moche), scénariste inconnu, transpirant et torturé de « Dans la peau de John Malkovich », est chargé d’adapter « Le voleur d’orchidées » de Suzan Orlean (Meryl Streep pieds nus), relatant l’histoire de John Laroche (Chris Cooper sans les dents) pépiniériste chasseur de l’orchidée fantôme.

Pendant que Charlie souffre et sue sur le scénario, son frère jumeau, Donald (Nicolas Cage moche aussi), alter ego en négatif, décide de devenir lui aussi scénariste. Et comme il veut gagner des sous, contrairement à son frère, il prend des cours de techniques d’écriture de scénario chez Robert McKee.

Le personnage de Charlie est névrose, inhibé, il n’aucune confiance en lui.
Laborieux dans tout ce qu’il fait et tout ce qu’il vit, looser perfectionniste, il refuse la facilité. Il ne veut, pour son scénario ni liaison amoureuse, ni meurtre, ni poursuite de voiture, et pas non plus de personnages qui changent parce qu’ils ont beaucoup appris de la vie ou parce qu’ils en ont surmonté les obstacles. Il veut juste parler des fleurs, les orchidées. Il veut que les orchidées soient passionnantes.
On se croirait chez Woody Allen, avec un peu de Clint Eastwood.

Et puis le film prend une tournure inattendue et, faut l'avouer, un peu navrante.
On voit alors une histoire d'amour sortez les violons, un meurtre comme un cheveu sur la soupe, et même une poursuite de voiture. Sans oublier le happy end.

On se dit « rhaaa mais c’est quoi ce filmeeeeuuuuu ?!... »

Et puis on réalise (mais un peu tard) que le film que l’on regarde là tout de suite maintenant, c’est celui dont Charlie est en train d’écrire le scénario. Il a alors décidé de s’inclure avec son frère dans le script. Mais comme il n’arrive toujours à rien qui lui convienne, il demande à Donald de l’aider.
CQFD.

21:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

Commentaires

Aaaargh !

Comment spoiler un film en une leçon ...

Marie voyons... Tout l'intérêt d'un film en général, et de ceux écrits par Charlie Kaufman (The Truman Show, Dans la Peau de John Malkowich, Human Nature, Confessions d'un Homme Dangereux, Eternal Sunshine of the Spotless Mind...), est de le découvrir au gré du scénario, et là hop, tu déballes presque tout. Dommage pour ceux ne l'ayant pas vu.

Et oui, j'ai bien causé de Charlie Kaufman en tant que scénariste. En effet, comme c'est également lui le personnage principal... Kaufman, un de ces rares auteurs en terre hollywoodienne à nous pondre des histoires comme on n'en a vu nulle part ailleurs. Et pour apprécier et comprendre pleinement Adaptation. (vi, avec un point à la fin ;o) il est en effet plutôt important de connaitre le bonhomme et de savoir qu'il fait plus que se projeter dans le rôle principal, bien au delà du simple patronyme. Une sacrée putain de mise en abîmes donc, comme ton résumé le laisse entendre.

Comme tous les films écrits par le gars il est évident qu'on adhère ou pas. Ce sont généralement des films adorés ou détestés. Le gros problème de Adaptation. (que j'aime beaucoup mais bon) est sans doute que pour une fois le spectateur ne sait jamais trop comment signer le fameux "pacte fictionnel" avec l'auteur du film, ce d'autant plus quand on sait qui est derrière. Parceque, pour qu'il y ait pacte fictionnel, il faut qu'il y ait un concept, un univers ou autre exposé, de manière plus ou moins évidente, dans les premières minutes du film, dans le pitch de celui-ci, voir même dans le titre, ou bêtement que l'on connaisse les penchants de l'auteur en acceptant d'y adhérer (les films de Lynch, Eraserhead, Lost Highway et Mullholand Drive en particulier, en sont un parfait exemple)... Sauf que là... Fiction, réalité-fiction, film-gigogne ? On ne sait jamais trop où l'on met les pieds et ça en devient un peu embêtant, du fait. Le principe du film gigogne, peu évident, est ici encore un peu plus tordu qu'à l'habitude, et peut-être un peu trop ; ce qui a tendance à nous perdre et surtout à nous empêcher d'adhérer totalement à ce qui se trame sous nos yeux.

Cependant, lors d'une seconde vision, et donc en pleine connaissance de cause, le film devient pour le coup bien plus passionnant et presque brillant. Réflexion sur l'écriture, l'inspiration, la création, la fiction, mais aussi plus simplement sur les contraintes du scénariste face au système de production, le film est riche et franchement intelligent.
Seulement voilà, un film doit être prenant dès sa première vision, quitte à être, pour certaines pelloches, encore meilleure à la suivante. Et là ce n'est visiblement pas le cas. On pensait Kaufman surdoué, Human Nature étant inabouti principalement à cause de Michel Gondry qui n'a pas su s'approprier le script comme il l'a brillamment fait par la suite avec Eternal Sunshine... Et finalement Kaufman se sera sabordé (à moitié et encore) tout seul, en donnant à Spike Jonze (Dans la Peau de John Malkovich) un scénar' bien difficile à mettre en scène.

Au vu du pari il est difficile de leur en vouloir, à l'un comme à l'autre, tant l'entreprise est ambitieuse (et Dieu sait que les films ambitieux se font de plus en plus rares).

Bref, à la relecture je ne suis pas sûr d'avoir été clair, mais il est cinq heures du mat' et j'étais parti pour me pieuter. J'aurais peut-être dû attendre demain pour poser ce com'. Tant pis.

Juste une question : c'est Merryl Streep qui t'a poussée en terres eastwoodiennes ?

(voui voui, j'ai bien compris que t'avais percuté que Kaufman était aussi le VRAI scénariste du film, mais la précision est loin d'être inutile. Bon en fait c'est à la relecture que j'ai compris que t'avais compris, et puis les liens que tu as posés le font clairement comprendre, mais je me sentais pas de reprendre le com' là. Putain, je suis fatigué sans doute moi... Bon hop, au plume... ;o)

(et si je recommençais à poster sur HbS plutôt que de passer mon peu d'envie d'écrire chez toi en polluant tes notes ciné ?)

(désolé)

(polom polom)

(voui voui, j'y vais, je suis parti d'ailleurs là, je dors même, tu m'entends po ronfler ?)

Ecrit par : CyrO | 06 mars 2006

Ben en fait pour Eastwood je posais bêtement la question m'étant également fait la réflexion à la première vision. De par la mélancolie qui plane sur le film, l'ambiance et le traitement des personnages qu'on trouve concernant le film dans le film (dans le film)...

Et non, ce n'est pas spoiler que de dire que Kaufman est à la fois le scénariste mais aussi le personnage principal, puisque ça fait partie du concept et que le film est bien plus savoureux une fois cette information dans les mains ; si on s'en rend compte durant le générique de fin c'est tout de suite moins intéressant.

Sinon pour la Passion du Christ du père Gibson ben je suis ... sans avis, ne l'ayant pas vu, mais avec un à prioris plutôt bof bof. Connaissant la bondieuserie dont il est capable, ainsi que son côté réac' (si Braveheart est un putain de film bien épique et brutal, la finesse n'y est pas vraiment de mise et surtout il y dresse un portrait abérrant de l'homosexualité même pas digne d'une comédie Z française des 80's...) je n'ai pas trop eu envie de mettre le nez dessus. Et oui, ce malgré le fait qu'apparemment le film est bien rude et sacrément gore. Il n'empêche, le temps passe et ma curiosité à l'égard de cette oeuvre s'aiguise au fur et à mesure, je vais donc sans nul doute finir par y poser les yeux...

Ecrit par : CyrO | 06 mars 2006

Eh, Marie, la période des règle est terminée !!

Ecrit par : Claudine | 14 mars 2006

et si tu passais un petit coup de F5 Claudine ?
;-)

Ecrit par : Mariemarie | 14 mars 2006

Pas bête, Marie, surtout qu'ici, au taf, j'avais déjà vu ton tee-shirt fringuant ! mais où ai-je la tête ?

Ecrit par : Claudine | 15 mars 2006

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