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11 janvier 2006
A y est, j'ai blogué
"T'as toujours rien blogué ?" me dit la bête à poils gris, la mine dépitée, plus par la pseudo-gastro que par mon absentéisme bloguesque.
Bah si, j'ai blogué une photo.
Ok, c'est pas énorme. Ceci-dit, il y a un thème sur lequel je désire bloguer depuis quelques semaines, mais j'ai du mal à m'y mettre.
D'une part, parce que j'ai bien peur que cela n'intéresse que moi (c'est déjà pas mal, et ça ne m'a jamais empêché de bloguer, donc ça n'est pas un argument valide). D'autre part, parce que je ne sais sous quel angle l'aborder, n'étant pas extrêmement fière des dernières choses que j'ai écrite. Je crains d'avoir un peu perdu la plume.
Ceux qui lisent mon blog depuis longtemps savent que je suis dentiste.
Houla, rien que d'écrire ça, ça me cripse.
Je n'ai jamais voulu être dentiste, jusqu'au jour où on m'a donné le choix entre retripler ma première année de médecine - sans aucune certitude de faire mieux la troisième fois que la deuxième -, aller en école d'infirmière, dont j'avais passé le concours d'entrée sans trop de difficulté mais chose qui signifierait être en stage dans les mêmes services que mes copains qui eux avaient eu le concours de médecine - et aller en dentaire. Evidemment, je n'ai jamais vraiment intégré l'idée que je suis dentiste, je ne l'assume absolument pas, je conspue mes confrères dès que j'en ai l'occasion.
Bon, ça c'était pour poser le contexte.
Ce dont je voulais parler, c'est du malaise que j'éprouve quand je rencontre, dans un contexte non professionnel, des gens qui sont, à un degré plus ou moins fort, phobiques du dentiste.
Et je commence à en connaître pas mal.
Comme je le disais plus haut, j'ai beaucoup de difficultés avec ma profession. Parce que ça n'a jamais été ce que j'envisageais de faire, mais aussi parce que je suis une sale gauchiste complètement utopiste et décalée de la réalité, incapable de demander de l'argent pour des soins, donc incapable de s'épanouir dans un monde où la santé est payante.
Une troisième raison pour laquelle je suis mal avec ma profession, c'est l'image du dentiste. Image très négative, of course (les dentistes font mal et ils sont pétés de thunes, normal puis que ce sont des escrocs). Je n'arrive pas à m'en défaire. Des qu'on me demande ce que je fais dans la vie, cette image me travserse l'esprit. J'ai l'impression que c'est l'image qu'on me renvoie, alors qu'en fait, c'est moi qui me l'impose. Dans tous les cas, ça me rend malheureuse. Alors, j'ai trouvé une parade, je me déclare prof plutôt que dentiste, ce qui n'est pas loin d'être la réalité.
Et récemment, toutes ces idées négatives me sont ben remontées à la g... au visage. En l'espace d'un mois, j'ai rencontré plusieurs personnes pas franchement à l'aise à complètement pas à l'aise du tout avec la profession, et une personne que je connais depuis longtemps et dont je n'avais que peu de nouvelles a refait surface pour me parler de ses soucis en la matière. Tout cela entraînant moultes conversations sur le sujet.
Ca fait beaucoup d'un coup.
A la fois, je suis révoltée par le peu de professionnalisme dont peuvent faire preuve les confrères qui sont à l'origine du malaise de ces personnes; et à la fois je suis toute déprimée d'entendre encore et toujours la même histoire et de ne jamais sortir de ce contexte de pleurs et de grincements de dents que représente ma profession.
Et bien aujourd'hui, je peux vous dire que j'en ai marre d'être dentiste.
Je n'en ai pas marre d'exercer mon métier. J'adore ce que je fais.
Non, j'en ai marre d'ETRE de la caste des donneurs de sueurs froides et autres terreurs nocturnes. Ca m'épuise. Ca me décourage. Ca me déprime. Je n'ai plus envie de prendre la défense de cette profession. Notez bien que je ne suis pas très sûre d'en avoir eu un jour l'envie.
C'est triste, hein ?
C'est surtout dommage pour quelqu'un qui forme de futurs dentistes...
Ouep.
Dommage.
Heureusement que mes pitis zétudiants ne l'ont pas, cette vision négative. Et que certains d'entre eux sont doués de qualités humaines qui me redonnent le sourire.
(Ben oui, fallait bien que je finisse sur une note positive, sinon z'auriez été capables de vous faire du souci...).
16:50 Publié dans Tome 1 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
















